« Jé voulais té rémercier parce qué ça fait dix ans que jé souis en France, et c’est mon premier 14 jouillet ici, m’a soufflé Mariella, à Camon, entre notre Bastille en cartons et la pompe à bière (1). C’est bizarre, parce qué quand j’habitais en Italie, on lé fêtait tous les ans. Surtout qué jé souis dé Naples, et à Naples on a fait notre Révoloution dix ans plous tard, en 1799… Mais, ici, en France, quand jé démandais aux camarades de gauche pourquoi ils né fêtent pas lé 14 jouillet, ils me répondent : ‘‘C’est oune fête bourgeoise. C’est pas oune fête des travailleurs.’’ Et donc voilà : merci. » Pourquoi le taire ? Je suis très fier de notre « fête des mille Bastilles », à Camon, kermesse populaire, à la bonne franquette, avec un bon morceau de « Sans culotte – Gilets jaunes » dedans.
***
J’ai expliqué ailleurs, déjà, comment m’était venue l’idée : de ma surprise, il y a trois ans maintenant, à Abbeville, lors de ma première fête nationale comme député. Ceint de mon écharpe tricolore, aux côtés du maire, du sous‑préfet, nous avons déposé des gerbes au monument aux morts. Soit, pourquoi pas. Les majorettes ont ensuite défilé devant nous, et c’est très chouette, au son de l’harmonie municipale. Vinrent les véhicules des sapeurs‑pompiers, de la police, de la gendarmerie. Admettons, mais où était le rapport ? La cérémonie s’est achevée par un pot républicain à l’Hôte
Un 14 juillet sans Bastille ?
Pourquoi, le jour même du 14 juillet, la Bastille n’est jamais évoquée ? Ni 1789 ? Ni encore la Révolution ?
Parce que la bourgeoisie préfère oublier ce péché originel, certes.
Mais aussi, surtout, parce que la gauche l’a abandonné, méprisé…
Publié le 15 juillet 2020
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