Ces Mains d’or qu’on coupe
De Manuele (de Saint-Georges-de-Commiers, 38), le 15 mars.
« Je vous joins ce courrier en réaction à une info que vous devriez pouvoir retrouver. »
[NDLR : En effet, on l’a retrouvée : c’est l’inspection académique qui a refusé, sous prétexte de « prosélytisme », que des élèves d’une école primaire de Commentry (Allier) puissent interpréter une chanson de Bernard Lavilliers, hommage aux ouvriers des forges, que les gamins voulaient chanter en soutien aux salariés de l’aciérie locale, promise à la fermeture…]
« À Mme l’Inspectrice d’Académie de l’Allier
Madame,
J’ai 77 ans. Je suis retraitée de l’Éducation Nationale (enseignante).
Je viens de prendre connaissance de votre décision d’interdire aux enfants de Commentry de chanter les splendides « Mains d’Or » de Bernard Lavilliers dans le cadre du concert du 28 mars.
Je ne reprendrai pas ici les arguments de leurs enseignants, vous les connaissez, j’espère. Mais les vôtres m’ont stupéfiée, sidérée, atterrée. Ils font preuve d’une inculture, d’une haine – des ouvriers ? des syndicalistes ? des enseignants suspectés [d’être] de gauche ? – dont le mélange délétère fait craindre le pire quant à l’avenir de notre pays. Et ce, venant d’une personne en charge de celui de l’école ! L’instruction civique, à laquelle cette chanson



