« C’est compliqué, j’espère que vous n’êtes pas perdu... » Ça faisait une heure qu’Arnaud Le Cam décrivait le parcours du combattant et les obstacles que sa famille a dû surmonter pour que leur fille Chloé obtienne une AESH, et le matériel adapté à ses multiples handicaps. Six années de péripéties, de recours, si bien qu’à un moment, Arnaud croit que j’ai décroché. « Non, je suis juste... Je compatis », je bredouille. « Je comprends votre réaction, mais ce n’est pas nécessaire. On est blindés, nous ! »
Pour les parents de Chloé, le combat débute en 2019 quand leur fille, alors âgée de cinq ans, est diagnostiquée d’une dyspraxie neuro-visuelle. « L’enseignante qui a fait le diagnostic venait du monde médico-social, on a eu cette chance. Par la suite, on a aussi identifié des troubles autistiques et TDAH. Il faut énormément de temps pour obtenir le diagnostic nécessaire à la reconnaissance du handicap auprès de la MDPH [NDLR : la maison départementale des personnes handicapées]. Celle d’Ille-et-Vilaine met dix mois à répondre en moyenne. Pour une demande en mars, vous avez la réponse en janvier : votre enfant est déjà dans une autre classe et on n’est pas encore dans la mise en œuvre. C’est un enfer, en fait ! »
Pendant ses premières années d’école élémentaire, Chloé bénéficie d’une AESH mutualisée entre plusieurs élèves,



