L’homme qui vaut 3 milliards
Challenges, janvier 2025.
Le capitalisme ne s’accommode pas de nos limites d’êtres humains. D’abord parce que lui ne s’en reconnaît pas, mais aussi parce que, contrairement aux machines, nous devons nous reposer, nous tombons malades. Alors, les gens de la Silicon Valley rêvent de changer cela, de modifier l’espèce humaine en réduisant sa part de vulnérabilité, en accélérant notre mutation de notre espèce pour la réduire à quelque chose de fonctionnel chargé de mener une tâche de production.
La peur d’Elon Musk, l’un des porteurs de ces projets, est paradoxale : il veut développer pour notre espèce des implants cérébraux connectés à une intelligence artificielle parce qu’il a peur que l’IA nous dépasse. Ce qui l’angoisse, c’est donc une perspective qu’il a lui-même contribué à forger !
Les penseurs qui demandent, comme le groupe Oblomoff, à marquer une pause dans cette course effrénée, qui est aujourd’hui bien lancée, sont rares : nous fonçons tête baissée. Aujourd’hui, l’homme qui valait 3 milliards ne porte plus juste des prothèses de jambe comme dans la série TV, mais des puces dans le cerveau. Certes, certaines ont pour objectif de permettre de retrouver des interactions ou des capacités pour des personnes handicapées. Mais sous couvert de luttes contre les maladies, on voit de grands fonds comme BlackRock, dont on connaît les actions, investir des



