
"J'étais à la plage, avec mes gamins, et sur la route du retour on passait à Boulogne. Comme c'est indiqué partout “premier port de pêche en France”, je me suis dit : on va acheter du poisson frais. J'ai tourné pendant vingt minutes près de la mer, un quartier qui s'appelait Capécure, on n'a pas aperçu un poisson, pas un étal. C'est impressionnant, tu te serais crue sur la Zone industrielle d'Amiens : des bâtiments immenses en acier, des hangars de stockage, des parkings à l'infini, et pas un bateau ! Waouh, c'est ça la pêche moderne ? Finalement, on a atterri dans une poissonnerie du centre-ville. Ça vaudrait le coup que t'ailles faire un tour là-bas, ça me semble un bon point de départ pour un dossier."
C'est comme ça, avec le rédac'chef : il passe aux toilettes, la chasse d'eau est en panne, il en revient avec une idée de reportage sur les plombiers. Une rage de molaires, et vas-y pour les dentistes. On le laisse causer. Mais cette fois, pourquoi pas : je suis l'écolo de service, à Fakir. Alors d'accord, j'étais partante pour une enquête sur les méchants pêcheurs qui vident les mers de leurs poissons…
Flicage marin
La pêche a été bonne : soles et plies remplissent les caisses des fileyeurs de Boulogne – bateaux qui pêchent au filet – alignés le long du quai Gambetta. "Florent vient d'acheter son bateau il y a quatre jours." Christophe regarde fièrement le navire de douze mètres du fiston qui termine, lui, de vider s



