Dans les vestiaires de la piscine
7 mai 2026, 21h30.
« Et puis, tu sais, on n’en parle pas beaucoup mais y a des suicides, aussi. Il s’en passe des choses à la SNCF, et c’est pas très beau.
— Ah tu bosses à la SNCF ? Justement, on avait en tête de faire un dossier là-dessus, au journal.
— T’es journaliste, toi ?
— Euh… oui… »
Dix mois à m'entraîner deux fois par semaine à la brasse avec mes camarades de nage, à la piscine, et je réalise que je n’ai encore jamais pris le temps d’apprendre à les connaître. Mais ce soir-là, après l'entraînement, et pour la première fois, on causait boulot avec France et Guigui (c’est le surnom de Guillaume), en se séchant les cheveux.
Guigui : « On est à treize suicides depuis début 2026.
Fakir : Hein ? »
De retour à la maison, je vérifie, et ça se confirme. On compte même trois suicides, pour les agents de la SNCF, sur leur lieu de travail. Ça me laisse un drôle de sentiment, comme un écho à la situation dramatique de France Télécom, aujourd’hui Orange, où une vague de suicides liés aux conditions de travail avait débouché sur un procès historique, qu’on vous avait conté en longueur dans ces colonnes (voir Fakir n° 90). Texto, direct : « T’es disponible dans la semaine ? » Guigui me répond en deux minutes : « Oui ! »



