On avait un rêve.
Oui, d’accord, des rêves on en a plein, toujours, à chaque âge de la vie, certains furtifs, d’autres qui traînent longtemps avant qu’on ne les réalise, ou pas, d’ailleurs.
Notre rêve, à Fakir, nous travaillait depuis des années, peut-être même depuis les débuts de ce canard, à l’heure glorieuse de la photocopieuse, quand il se vendait de main à main, et sortait quand il pouvait, peut-être demain, si tout va bien.
Oui, on avait toujours caressé l’ambition de passer en mensuel. C’était antinomique, pourtant, avec le peu de moyens qu’on avait, et avec notre ligne : prendre le temps, aller voir là où les autres ne vont pas, enquêter, aussi. Mais bon, ça avait du cachet, « Fakir, journal mensuel ». C’était notre but, jusqu’à il y a peu de temps encore – on vous l’avait évoqué, ici même.
Mais les faits sont venu bousculer notre horizon. Le prix du papier qui a explosé (et nos faibles moyens, sans actionnaires ni pub), les kiosques Relay qui appartiennent désormais à Bolloré (pas bon pour la presse alternative, et pas bon pour la presse tout court), une loi qui permet de renvoyer dans l’arrière-boutique les titres qui mettent peu d’exemplaires en rayon… Pas question pour autant d’abandonner le papier – on vous rassure. On est trop attaché à l’écrit et à cette relation presque charnelle qu’on entretient avec un journal, qu’on ouvre, feuillette, prête aux copains, aux copines,
Un rêve chasse l’autre
On en est sûr, le nouveau est encore plus beau que l’ancien !
Publié le 15 octobre 2024
Par
Articles associés
Pour ne rien rater, inscrivez-vous à la
NIOUZLAITEUR
Les plus lus
Fakir vous emmène au théâtre! Parce que c’est une pièce, qui s’est jouée au tribunal correctionnel de Paris pour le procès de Bernard Squarcini, accusé…
La victoire est possible : c’est une chance, une accélération de l’Histoire, comme il s’en offre parfois.
Au moment où bénéfices et dividendes battent tous les records, Macron, Attal et Le Maire ont eu une idée géniale pour trouver de l’argent, et…
Ils étranglent les clients – les Français. Ils étranglent leurs propres salariés, leurs gérants. Ils étranglent leurs fournisseurs. Ils étranglent, même, les comptes publics. Tout…
« Poules », « moutons », « bétail », « troupeaux », « machines »… Les professionnelles de la petite enfance ne sont pas tendres avec nos bouts de chou. Peut‑être parce qu’elles sont elles‑mêmes…



