« Biiiiiiiiiiip… »
« Je voulais vous dire que c’est vraiment bien, ce que vous faites à Fakir, il faut continuer, vraiment. Je trouve ça super… »
On vous révèle un secret : en pleine réunion, ou au milieu du repas, on ne peut pas forcément décrocher le téléphone fixe du journal quand il sonne. Notre vieux répondeur se met alors en route, et on entend votre message en fond sonore, en attendant qu’il soit traité par Magalie et Pascale. Ce jour-là, on s’est pourtant arrêté de parler pour écouter : des éloges, ça fait toujours plaisir.
« Je trouve ça super, oui… Mais je voudrais me désabonner. »
Ah. Zut.
Ça semblait paradoxal. Mais la dame s’expliquait, d’une voix fatiguée, angoissée. « Je suis désolée mais tout ce qui se passe, les problèmes sociaux, les drames, tout ce qu’on entend, partout, je n’en peux plus. Je suis en dépression. Alors je veux me couper de toutes les informations. »
L’ambiance est retombée, autour de la table.
À cause de la toile de fond, d’une part : l’actualité qui nous plombe, les inégalités qui explosent, les retraités qui font les poubelles, l’école qui vacille ou l’Hôpital qui crame pour permettre aux grandes fortunes d’augmenter, aux dividendes d’exploser. On apprenait hier encore qu’un quart des jeunes sont en dépression, dans notre pays.
Mais ressort un autre motif d’inquiétude, avec le message de notr



