« Moi, j’aimais pas les gens. On m’appelait “gueule de mort”, au village. Je ne disais pas bonjour. Je regardais mes chaussures. Moins tu parles aux gens, moins t’as d’histoires. Je n’avais jamais parlé au trois quarts du village. Puis Claude est arrivé avec son assemblée citoyenne, et tout a changé. »
C’est une histoire de fous que nous allons vous raconter. Celle de Ménil-la-Horgne, petit village de 180 habitants dans la Meuse (Grand-Est). C’est Carine, mon hôte, l’ancienne « gueule de mort », qui la résume peut-être le mieux : « Maintenant, grâce au Claude, on est obligés de se parler. » « Le » Claude, c’est Claude Kaiser, le maire du village. Mais « on est tous maires, il considère », insiste Carine.
À Fakir on avait entendu parler, de loin, vaguement, de cette expérience de démocratie participative, comme il semble en exister tant d’autres.
On a compris la différence quand j’ai contacté la mairie pour la première fois, en janvier dernier. Réponse : « Bonjour Monsieur. Je dois d’abord demander l’autorisation à notre assemblée citoyenne car la décision de comment populariser notre expérience est une décision importante et qui ne relève donc pas du maire mais de la population. Je reviendrai vers vous lorsque j’aurai le feu vert. »
Bon.
Première relance un mois plus tard, en février. « Bonjour monsieur Joigneau



