Paris (75), le 12 mai.
« J’ai personne pour m’aider je te jure, je fais comment mes courses ? » Je suis au rayon litière, parce que ça commence franchement à sentir mauvais, à la maison, avec les deux chats. Alors que je suis accroupi, en train de me demander laquelle choisir, une petite voix derrière moi. Le premier truc que j’aperçois, c’est sa paire de Puma de toutes les couleurs. L’homme me demande si je peux lui attraper deux bouteilles d’eau. Il a deux béquilles. Comment il va les porter ? On se retrouve aux caisses. Le monsieur, d’un âge avancé, est élégant avec son long manteau noir à la Peaky Blinders, son béret vissé sur la tête et son écharpe rouge. Mais il est en galère. La caissière l’aide, fout les deux gros sachets de frites surgelées dans un sac qu’elle lui tend. Il essaie d’accrocher le sac à une de ses béquilles, l’édifice est chancelant.
Je lui propose de ramener ses courses chez lui.
Il m’offre un grand sourire soulagé. « Je m’appelle Mamar, enchanté. Je suis tombé la dernière fois. Ma femme est morte en septembre, je suis tout seul. » On s’assoit pour attendre le tramway. Il commence à me raconter. « Je viens de passer cinq mois à l’hôpital, j’avais un caillot dans le genou, j’arrivais plus à marcher. Mais du coup pendant cinq mois j’ai pas pu payer mon loyer.
— C’est combien, votre loyer ?
— C’est 1000 euros par



