« On les voit de plus de plus... »
C’est Patrice Blanc, le président des Restos du Cœur, qui témoigne à la radio : « Une image qui m’a bouleversé, c’est de les voir, ces jeunes, arriver chez nous avec leur tenue d’Uber Eats. C’est‑à‑dire qu’eux‑mêmes apportent à manger, mais ils n’ont pas de quoi manger pour eux ! Ça m’a scié. On a eu, à Paris, à la Cité internationale, un appel au secours pour dire ‘‘Venez nous aider, mettre en place un centre pour les étudiants de la cité internationale !’’ »
Mesure‑t‑on l’injustice : en quoi consistent le confinement et le reconfinement ? Disons‑le sans pincettes : à enfermer les jeunes pour protéger les plus âgés. À fermer leurs facs, leurs bars, leurs boîtes, à les priver de sortie, en cet âge où les hormones bouillonnent, pour qu’ils ne contaminent pas leurs aînés.
Soit.
On pourrait les remercier, pour ça, pour leur acceptation, pour leur civisme du printemps et de l’automne. On devrait les récompenser. Mais à la place, que se passe‑t‑il ? lls sont punis. Socialement, économiquement punis. Non seulement on les confine, mais ce sont eux qui prennent la crise en première ligne : avec le Coronavirus, 39 % des jeunes ont perdu des revenus, pourtant déjà maigres auparavant. Un taux qui grimpe à 72 % parmi les jeunes actifs. 42 % craignent pour leur loyer. 53 % ont renoncé à une alimentation saine et équilibrée. 32 % des jeunes femmes peinent à



