« Dans tous les combats avec la CGT, on avait l'habitude de se ramasser, alors un de plus, ça me faisait pas peur... » Cheveux blancs en bataille, Jean-Claude Querville, prof' d'électrotechnique à la retraite, n'est pas du genre à se laisser impressionner. Même par Claude Hervé, un baron local manceau, à la tête d'un empire immobilier, d'un château, d'une forêt et du centre Leclerc. En 2013, l'homme d'affaires de 75 ans est pris d’une nouvelle lubie : construire le « centre commercial du futur ». Sur un terrain de 34 hectares acheté à l'agglomération, il veut déménager son hypermarché et installer un Ikea, des restaurants, une station-essence et une vingtaine de magasins. Problème : la future zone commerciale empiète sur le quartier résidentiel de Béner, près du Mans. En prévision des travaux, trente-trois maisons sont démolies – une seule, occupée par une nonagénaire, a résisté ! Le projet « Bénermans » menace aussi une zone verte, augmente les risques d'inondation et de pollution de l'eau potable des 200 000 habitants de l'agglo.
Jean-Claude lance d’emblée l'alerte lors d'une réunion d’un collectif de soutien à la Zad de Notre-Dame-des-Landes. Fin 2014, un premier collectif de contestation est créé. « On était une vingtaine : militants, syndicalistes, une élue écolo, une conseillère régionale et des personnes non encartées… mais aucun habitant du quartier ! » Les frondeurs organisent,



