Fakir : L’idée, c’est de se demander comment la gauche va gagner, ou peut gagner, soyons modestes. Je me suis dit que le rapport entre société et médias pouvait jouer un rôle dans cette histoire, et…
Pierre Rimbert : Attends, ça va même plus loin que cela : pour moi, on ne peut pas envisager de transformation sociale sans une remise à plat du système médiatique tel qu’il existe aujourd’hui, car il représente un obstacle majeur à tout changement. Un peu comme à la Libération, le gouvernement provisoire n’avait pas attendu la fin de la guerre pour restructurer la presse corrompue et collaboratrice : les Résistants estimaient que c’était un préalable au redressement.
Fakir : Tu me places dans un paradoxe, d’emblée : je me demande comment la gauche peut gagner, à court terme, et tu montres une direction qui, tu l’imagines bien, va provoquer une levée de boucliers, des résistances énormes…
P.R. : Ce paradoxe, il est assez facilement soluble, je pense : la gauche devrait annoncer d’emblée, dans son programme, son intention de remodeler totalement la production de l’information une fois arrivée au pouvoir. C’est un point essentiel, et mobilisateur au-demeurant car les médias dominants sont discrédités et souvent détestés. Cette revendication pourrait figurer en bonne place, être portée fièrement par les militants qui en feraient, comme on dit, « la pÃ



