« Vous avez vu, en réunion il lève même plus la tête de son cahier pour parler. Il a toujours la main sur le front, et on comprend pas bien ce qu’il dit…
— C’est la fatigue.
— Ou le stress.
— Ou les deux. Et il ne sauce même plus les plats, le midi, c’est mauvais signe… »
C’est une révolution réactionnaire, qui se joue, à Fakir : nous, Petites mains, on s’inquiète de voir le rédac’ chef aussi angoissé. Alors, au moment du café, dans la minuscule impasse qui nous sert de zone à palabres, à l’entrée du journal, on cause pas revendications, pour une fois : on débriefe son état de santé, avec une pointe d’empathie dans les voix. Magalie a enchaîné : « L’autre jour, quand je lui ai parlé de la date du bouclage, il avait oublié. Oublié ! Il se trompait d’un jour ! ça lui était jamais arrivé, ça, à Cyril… »
Ça fait quelques semaines que ça dure, qu’on le voit promener un air blafard, soucieux, au rédac’ chef.
Faut dire : y a de quoi.
Y a de quoi, et c’est pas parce qu’on a trop revendiqué ces derniers temps, non. Mais avec le numéro spécial du canard, les bouquins en préparation, plus le grand événement du 30 avril à Paris, où on a mis les petits plats dans les grands pour expliquer à la Terre entière comment la gauche allait gagner, déjà, on était au bord du burn out.
Mais le gros, gros sujet de stress, c’es



