Benoît Coquard, le sociologue, nous l’avait glissé, quand on avait évoqué le sujet avec lui. On lui demandait dans quelle mesure la reconnexion de la gauche aux classes populaires passerait par les femmes… « Je pense que ce sera le cas, oui », estimait-il. « Les femmes, comme elles sont moins valorisées dans les rapports sociaux, ont tendance, c’est un réflexe de gauche, à aller elles-mêmes vers les gens les plus dominés, ceux qui ne sont pas dans le système en place, en termes économiques, de racisme... Dans leur situation dominée, elles sont une porte d’entrée vers les plus précarisés, en somme. Des travaux commencent à émerger sur ces sujets, sur le féminisme en milieu populaire, aux états Unis en particulier. »
C’était un biais, un gros biais, même, bien sûr, mais qui éclairait bien la place centrale que peuvent prendre les femmes et le féminisme, à l’avenir, à gauche. Rachel Silvera, économiste féministe (auteure de Un quart en moins. Des femmes se battent pour en finir avec les inégalités de salaires), cadrait d’emblée le débat, quand on lui a posé la question. « Si on ne traite pas des inégalités femmes hommes en incluant la question de la classe, on ne fait que du féminisme-washing », prévenait-elle. On connaissait déjà la version « l’écologie sans lutte des classes, c’est du jardinage ». La déclinaison, ici : le féminisme sans lutte des classes, c



