Tout ça a commencé comme une colère froide, un peu sourde, impuissante.
Je veux dire : ce numéro spécial, notre événement du 30 avril à Paris, les deux du même nom, volontairement optimiste et fanfaron, « Comment la gauche va gagner », et se lancer dans la bataille avec notre nouveau site internet, aussi.
Une colère parce que la gauche n’y arrive pas, alors qu’on y a cru, à un moment, y a pas si longtemps. Si on avance toujours avec « le pessimisme de l’intelligence et l’optimisme de la volonté », disait Gramsci, l’optimisme s’était presque fait enivrant, au moment de l’émergence du Nouveau Front populaire, l’an passé. On l’écrivait, avant même le résultat des Législatives, dans notre Tchio Fakir, juste après l’annonce de la dissolution de l’Assemblée : « En quatre jours, sous l’urgence, un programme commun a déjà émergé. C’est qu’ils étaient déjà d’accord, finalement, sur l’essentiel, la justice sociale, l’urgence écologique, le partage des richesses, la dignité à redonner au travail, que chacun contribue à sa juste part à l’effort collectif, etc. » Quelque chose, un mouvement, une fierté avaient surgi. Restait à gagner « pour de vrai », comme on le titrait, l’été dernier. C’est qu’on anticipait, craignait la suite, déjà . « Ce ne sera pas suffisant. À nous d’amplifier le mouvement. À nous de les pousser, ces partis, ces Ã



